Comment proposer aujourd’hui une définition du jardin romantique français, telle est la question que nous nous sommes posée alors que certains des meilleurs spécialistes en réfutent l’appellation. Aussi bien avons-nous usé du pluriel dans le titre « Jardins romantiques » pour évoquer, sans pouvoir être exhaustif, certains parmi les trop multiples reflets du romantisme au jardin.

Au fil des siècles et des saisons, le goût du jardin pittoresque s’est raffiné en un art de vivre à part entière dont les Encyclopédistes puis Beaumarchais avant l’impératrice sont les ambassadeurs écoutés. Au premier rang s’imposent naturellement voyageurs et savants qui rapportent et multiplient, d’un continent à l’autre, moult herbiers soigneusement conservés au Muséum et rares cultivars développés dans le secret des pépinières ou à l’arboretum. Au XIXe siècle l’Europe des botanistes résonne tel un bruissant arbre à palabres : on y disserte en latin comme en français sur les principes modernes de la taxinomie et de la dendrologie ; jardinistes et passionnés ouvrent largement les enclos sur la nature environnante et plantent des parcs paysagers. Serres chaudes et palmariums ponctuent les propriétés que leurs commanditaires identifient à leur récente prospérité. Le sentiment du sublime inspire fabriques et cascades, grottes et lacs. Ces nouveaux jardins d’Armide s’ornent de maints caprices secrets : temple de l’amour ou laiterie, chalet ou casino, faux tombeaux ou ménagerie. Pour les délices du vert galant, il n’est pas de sens plus nomade que la vue. Ainsi, la Restauration et la Monarchie de Juillet voient la pratique du jardinage conquérir toutes les couches de la société, et les grands destins du romantisme s’y enracinent.

S’enchantent ainsi de l’art de devenir jardiniers, Chateaubriand comme George Sand, dont les majestueux desseins à la Vallée aux loups pour l’un, dans sa thébaïde berrichonne de Nohant pour l’autre, nous ravissent encore aujourd’hui.

Louis-François Cassas, 1756-1827
Mortefontaine, vue du lac et du Grand Rocher, vers 1800-1803
aquarelle et gouache sur trait gravé
© Collection Musée de l’Ile de France, Sceaux/Photo Benoit Chain

Le célèbre rocher gravé du vers de Delille, Sa masse indestructible a fatigué le temps, fait face au lac Vallière. Bien que négligé après huit années d’abandon depuis la vente du domaine en 1790, l’endroit séduit en 1798 Joseph Bonaparte (1768-1844), le frère aîné de Napoléon, et son épouse Julie Clary (1772-1845). Le parc replanté, ses lacs agrandis et le château restauré deviennent le cadre exceptionnel de réceptions et de chasses, comme de réunions des Bonaparte, avant la signature très officielle du traité avec les États-Unis (1800). Joseph s’y installe en permanence de 1801 jusqu’à son couronnement à Naples en 1806. La défaite de Waterloo (1815) signera le crépuscule du lieu. C’est à Point Breeze (Pennsylvanie), aux États-Unis, que Joseph se consacrera à nouveau à remodeler un nouveau paysage qui lui rappellera son cher Mortefontaine. Selon Paul Marmottan, on peut dater ces œuvres autour de 1800-1803. Cassas évoque subtilement l’atmosphère romantique du domaine qui inspira Gérard de Nerval et Corot.

Le jardin pittoresque

Avec le siècle des lumières s’impose une nouvelle esthétique de la nature « sans niveau ni cordeau » inspirée par la peinture. Le jardin irrégulier « sensible » ou « pittoresque » (de pitore, peintre) offre au promeneur une infime variété d’impressions sensorielles. Grottes, lacs et cascades, fabriques, bois des « tombeaux » invitent au rêve et à la méditation…

Carmontelle, 1717-1806 (attr. à)
Vue des jardins de Monceau, la remise des clefs au duc de Chartres, vers 1775
huile sur toile, Musée Carnavalet-Histoire de Paris
© Musée Carnavalet/Roger-Viollet

En 1769, le duc de Chartres (1747-1793), fils du duc d’Orléans et jeune cousin de Louis XVI, s’offre un jardin « à la française » d’un hectare près du hameau de Monceau […]. Quatre ans plus tard, le prince commande à Louis Carrogis, dit Carmontelle, ordonnateur de ses fêtes, l’aménagement et l’agrandissement de son terrain en un parc à la nouvelle mode d’une dizaine d’hectares (1773-1779). Le « Grand livre » de Carmontelle, publié en 1779, regroupe dix-huit gravures représentant « l’entrée et le pavillon principal dans l’île des moutons », « le moulin à eau et le pont qui y conduit », « le moulin hollandais », la « vigne italienne », deux pavillons « peints en marbre », la « ferme près du cabaret », des « tentes turques » – l’une d’entre elles renfermait un billard –, une « tente tartare », les « ruines du temple de Mars », le « temple de marbre blanc » (actuellement dans l’île de la Jatte), « le cirque ou la naumachie », vaste bassin bordé par des colonnes corinthiennes avec un obélisque sur une île évoquant une naumachie antique, « une vue de la hauteur du minaret », « un tombeau égyptien »… Carmontelle écrit en prélude : « Ce n’est point un jardin anglais qu’on a voulu faire à Monceau, mais précisément ce qu’on en a dit en en faisant la critique, réunir dans un seul tous les temps et tous les lieux. »

Jean-Thomas Thibault, 1757-1826
Projet de monument pour Jean-Jacques Rousseau au jardin des Tuileries
aquarelle sur papier, 34 × 49,2 cm
© Droits réservés

C’est à partir de 1789 que l’image du philosophe devient emblématique : on cite Le Contrat social, on s’inspire de l’Émile pour l’éducation des enfants, on s’attendrit sur les mânes de l’homme persécuté… Ses effigies se multiplient : statuettes, assiettes, toiles de Jouy, éventails… En 1794, un décret ordonne le transfert des cendres de Jean-Jacques Rousseau au Panthéon. L’urne est d’abord transportée en char solennellement jusqu’aux Tuileries, où elle est déposée sur une île provisoire entourée de peupliers, au centre d’un bassin. Veillée toute une nuit d’automne 1794 par la population, la dépouille est transférée le lendemain, en cortège, au Panthéon.
Jean-Thomas Thibault, élève de Boullée, grand prix de Rome, est architecte à la Malmaison et au château de Neuilly. Devenu académicien, il enseigne la perspective. Aquarelliste et peintre de paysage, il s’est surtout fait connaître par ses vues d’architecture, notamment d’Italie.

Hubert Robert, 1733-1808
Vue du parc de Méréville
huile sur toile, Collection du Conseil général de l’Essonne
© Photographie Yves Morelle (DAPM) et Conseil général de l’Essonne

« Pour donner une idée bien développée de toute la cote où sera placé l’obélisque je m’occupe actuellement de faire le tableau général dans lequel on verra d’un coup d’œil l’effet et la réunion du temple de la grotte de l’obélisque et de toutes les différentes plantations de la côte. S’il était possible de faire arriver la rivière sous la grotte elle n’en serait que plus intéressante. Je l’ay fait ainsy dans mon tableau mais si on y trouvait trop de difficulté on remplacerait l’eau par un gazon. » (Hubert Robert, lettre du 10 juillet 1786.)

Jean de Cayeux a analysé la difficulté de distinguer parmi les peintures du maître les représentations du parc, des projets non réalisés, ou encore des vues imaginaires. Ce paysage recomposé de Méréville égrène le répertoire type du parc pittoresque au temps des Lumières : cascade, rivière, embarcation pour les promeneurs, grotte, rochers, pont « rustique » en bois, pavillon d’ornement, colonne rostrale à l’antique…

Claris, XIXe siècle
Fabrique en vanité, début XIXe siècle
collection particulière, Paris
Collection particulière, Paris © Droits réservés

De l’artiste A. Claris qui signe cette feuille nous ne savons rien. Il livre pourtant une aquarelle exécutée avec une maîtrise remarquable. Le plan de cette fabrique, brillante de fantaisie et d’imagination, prévue pour un parc agrémenté de vases et de statues, indique que l’architecte propose au commanditaire : bibliothèque, cabinet, salle à manger et salon. L’élégante façade auréolée de têtes de morts ouvre ses yeux sur deux balcons-loggias d’où l’on pourrait entendre les aria de la cantatrice Louise-Rosalie Dugazon. Si les Vanité nous rappellent notre matérialité et la fulgurance de notre passage sur terre, l’histoire raconte aussi que Charon, célèbre nocher des Enfers, embarque les morts pour les faire traverser le Styx. Il a déjà quitté sa passagère et guide sa gondole vers d’autres défunts. Claris a ajouté un figurant, [lui même ?] un pécheur trop occupé pour regarder la scène.

École Française, XVIIIe siècle
Méreville, Petit lac en direction des grandes roches
huile sur toile
© Collection Musée de l’Ile de France, Sceaux/Photo Pascal Lemaître

Le fermier général Jean-Joseph de Laborde (1724-1794) acquiert le domaine et son vieux château en 1784. Il fait appel à Bélanger, célèbre depuis ses aménagements à Bagatelle, qui veut « mettre le jardin dans le pays plutôt que le pays dans le jardin ». Hubert Robert lui succède comme maître d’œuvre (1786) ; il conserve le projet initial en y ajoutant sa vision plus picturale, nourrie par un long séjour en Italie. L’immense fortune du commanditaire permet à plusieurs centaines d’ouvriers de créer pendant dix ans plusieurs collines plantées de quelques centaines de milliers d’arbres et arbustes, de détourner une rivière, la Juine, selon un nouveau parcours serpentin et de creuser un lac. Une vingtaine de fabriques sont placées en « tableaux » sur des îles et des promontoires : cénotaphe du navigateur Cook, colonne Trajane, temple de la Piété filiale sur le modèle du temple de la Sibylle à Tivoli, colonne rostrale dédiée aux frères Laborde disparus avec La Pérouse…
Ce paysage, d’une main anonyme, composé par plans comme un décor de théâtre, est dominé par la colonne rostrale en vis-à-vis du belvédère central. Sur les bords, « qu’il faut meubler agréablement » (prince de Ligne), les arbres en vogue ont été plantés : tulipiers de Virginie, peupliers d’Italie et saules pleureurs. Le peintre s’est inspiré d’une gravure de l’ouvrage d’Alexandre de Laborde, quatrième fils du commanditaire, Description des nouveaux jardins de France et de ses châteaux (Paris, 1808).

Du romantisme à l’éclectisme

Louis-Hippolyte Lebas, 1782-1867
Le Petit Pavillon du parc de Malmaison
aquarelle, 21,5 × 32 cm
Musée National du château de la Malmaison © RMN/Gérard Blot

Ce petit pavillon octogonal aurait été érigé vers 1790 par l’architecte François Cointereaux (1740-1830) pour Jacques-Jean Le Coulteulx du Molay, alors propriétaire de Malmaison, qu’il vendit ensuite à la future impératrice. Ce bâtiment fut conservé jusqu’à nos jours, avec cependant de très nombreuses modifications de détails, notamment le revêtement rustique des murs et du toit ainsi que les percements, modifiés en forme et en nombre. Il fut employé comme pavillon d’été par le Premier Consul. L’auteur de cette aquarelle, Louis-Hippolyte Lebas, allait devenir un architecte de renom, membre de l’Institut ; parmi ses œuvres les plus célèbres figure l’église parisienne de Notre-Dame de Lorette.

Anonyme, fin XVIIIe – début XIXe siècle
Erato et le langage des fleurs, début XIXe siècle
huile sur toile, collection particulière
Collection particulière, Paris © Jean-Louis Losi – ADAGP 2011

Pour le critique de la fin du XVIIIe siècle ou du début du siècle suivant, le motif choisi ici est mineur. Peindre des fleurs en racine, enracinées dans leurs pots, peu s’y sont aventurés. […] Ici, le peintre a posé son chevalet dans une serre imaginaire où sont entreposées un ensemble de plantes fragiles en pots. Il a juxtaposé fleurs et fruits de différentes saisons, le raisin cohabitant avec la tulipe…, une tradition hollandaise des siècles précédents qui se poursuit à la fin du XVIIIe siècle, jusque sous l’Empire. Le regard de l’artiste naturaliste attentif aux lois de la nature s’attarde sur chaque plante. […] La frontière s’estompe entre le genre de la représentation botanique et documentaire et celui de la nature morte. L’artiste a disposé assiettes de raisin et de melon sur les étagères et au sol, tiges d’artichauts, arrosoir et corbeille de fleurs, l’ensemble jouant du contraste des textures. Le panier d’où s’échappent en volutes un ruban et des pavots déborde de boutons et de fleurs parmi lesquelles la rose est la plus prisée et la plus populaire. […] Oubliée, la connotation religieuse des bouquets précieux exaltant leurs formes et leurs couleurs sur un fond aux tonalités sombres ; la fleur, accessoire de la vanité, y célébrait la brièveté de l’existence, la beauté du monde, le dénouement inexorable. Ici, on suggère plutôt la présence féminine, le message est affaire de cœur ; l’inspiratrice a laissé son arrosoir, son livre est ouvert à la page : Erato et l’amour… La mention de Erato, muse de la poésie de l’amour, imprègne l’œuvre d’une signification sentimentale. Dès la fin du XVIIIe s. les fleurs participent d’une symbolique littéraire et artistique renouvelée. Bientôt se répand la vogue du langage floral essentiellement amoureux. […] Le Langage des fleurs de Charlotte de Latour en 1819, en est l’illustration la plus célèbre et la plus influente.

Louis-Léopold Boilly, 1761-1845
Marie-Catherine Giroust et son frère Eugène dans un parc, vers 1803
huile sur toile, collection privée
Jean-Louis Losi © Adagp, Paris 2011

Sensible au charme de l’enfance, Boilly a plusieurs fois privilégié les scènes familiales et peint ses propres enfants. Il campe ici une très jeune fille et un garçonnet dans un parc romantique dominé en hauteur par un temple circulaire, conforme au modèle du temple de la Sibylle à Tivoli, tant répété dans les parcs de l’époque. Dans cette nature recomposée, la jeune fille assise aux pieds d’une statue tresse-t-elle une couronne pour une certaine Louisa sans doute récemment disparue, dont le nom est gravé sur le tombeau à l’antique, semblable à celui qu’Hubert Robert avait dessiné pour Rousseau à Ermenonville ? Le pinceau de Boilly rend avec grâce la rondeur de l’enfant et de sœur ; il s’attarde sur les gants et le réticule de celle-ci, nonchalamment posés sur le banc de pierre. La composition des fleurs au naturel dans la corbeille est brossée avec la maîtrise d’un peintre « fleuriste » de talent.

Antoine Duclaux, 1783-1868
La Reine Hortense à Aix-les-Bains, 1813
huile sur toile, musée Napoléon, Arenenberg, Thurgovie, Suisse
© Musée Napoléon Thurgovie, Suisse

Le 27 mai 1813, Hortense de Beauharnais remettait ses enfants Napoléon-Louis et Louis-Napoléon aux soins de sa mère, l’impératrice Joséphine, et partait prendre les eaux à Aix-en-Savoie. Elle était accompagnée entre autres de sa fidèle amie, Adèle de Broc. Les deux femmes entreprirent une promenade vers la cascade de Grésy. « Je passai la première sur une planche mal assurée. Je me retourne : Grand Dieu ! Quel spectacle ! Mon amie, entraînée par les flots, disparaît à mes yeux… Je ne retrouve que son corps inanimé. » C’était le 10 juin.

Pour distraire la reine de son chagrin, sa lectrice, Louise Cochelet, écrivit au mois de juillet une lettre au peintre lyonnais François Fleury Richard ; elle le priait de venir faire le portrait d’Hortense, elle lui en avait d’ailleurs fait le demande il y a longtemps. L’artiste vint accompagné de son élève, Antoine Duclaux, lui aussi originaire de Lyon : Le premier exécuta les croquis pour le portrait de la jeune femme en musicienne, le second son portrait de dos, assise sous une tonnelle, contemplant le paysage qui s’étendait devant elle. Était-ce le chagrin qui l’avait incitée à ne pas se montrer de face ? Un petit chien a posé ses pattes de devant sur le banc de pierre sur lequel est assise Hortense. Veut-il lui apporter quelque réconfort ? […]

Gabriel Thouin, 1747-1829
N° 24 Jardin romantique, projet pour les Plans raisonnés de toutes espèces de jardins, 1819
encre de Chine et aquarelle, collection particulière
Collection particulière © Jean-Claude Bloch/D.R.

On appelle jardin romantique ceux dont le sol très varié dans son plan, ainsi que dans ses élévations et dans ses contours, présentent des pièces de gazon, des tapis de fleurs, des masses d’arbustes, des bouquets d’arbres d’agrément de toutes les saisons, des bois dans leurs différents âges, des futaies, des eaux dans les divers états dans lesquels on les rencontre dans la nature. Ces jardins admettent, pour ornement, des vases, des statues, des colonnes, des grottes, des ruines, des tombeaux et des temples.

Antoine Chazal, 1793-1854
Un Yucca gloriosa dans le parc de Neuilly, 1845
huile sur toile, Musée du Louvre, Paris
Musée du Louvre, Paris © RMN/Gérard Blot

« Chazal a peint le yucca fleuri en 1844 dans le parc de Neuilly. Il serait bon que tous les gens qui se cramponnent à la vérité microscopique voient ce tableau, et qu’on leur insufflât dans l’oreille avec un cornet les petites réflexions que voici : le tableau est très bien, non pas parce qu’il rend en même temps le caractère général de la nature, parce qu’il exprime bien l’aspect vert cru d’un parc au bord de la Seine et de notre soleil froid ; bref parce qu’il est fait avec une profonde naïveté tandis que vous autres… vous êtes trop artistes. » (Baudelaire, Salon, 1845.)

Louis-Philippe, encore duc d’Orléans, achète en 1818 le château de Neuilly, qu’il fait transformer par l’architecte Pierre-François-Léonard Fontaine (1762-1853) de 1820 à 1831 : façade néoclassique, dépendances, serre chaude, manège couvert… […] Commandée en 1844, cette toile est exposée au Salon de 1845, accrochée au palais de Saint-Cloud en 1847, disparaît lors de l’incendie et du saccage du château en 1870 et 1871, pour être retrouvée en 1997 dans une vente publique à New York. Chazal, formé, comme Redouté, par le peintre de fleurs Gérard Van Spaendonck (1793-1822), a laissé une importante production de dessinateur scientifique au service des expéditions botaniques de 1822 à 1825. Devenu célèbre par son Hommage à Van Spaendonck en 1830, il est nommé professeur de dessin au Jardin du Roi en 1831, puis d’iconographie des animaux en 1838. Il expose au Salon entre 1822 et 1853. On sait que Louise d’Orléans, seconde fille de Louis-Philippe, apprend l’aquarelle de fleurs à Neuilly avec Redouté à partir de 1826 ; sans doute a-t-elle feuilleté la Flore pittoresque ou Recueil de fruits et de fleurs de Chazal, ouvrage dédié aux dames en 1825 et qui fut édité deux fois.

Antoine-Patrice Guyot, dit Guyot le Jeune, 1777- 1845 ?
Le Moulin de la Folie Beaujon, 1827
huile sur toile
© Musée Carnavalet/Roger-Viollet

Le financier Nicolas Beaujon (1708-1786), un temps propriétaire de l’hôtel d’Évreux (actuel palais de l’Élysée), se fait construire en 1781 entre le Roule et l’Étoile par Nicolas-Claude Girardin, élève de Boullée, « une chartreuse » de style hollandais « rustique » très à la mode avec ogives, toit en pagode et barrière de bois à la Hubert Robert. Meublée avec un raffinement extrême, cette folie est flanquée de pavillons circulaires décorés de bustes et de statues. Le domaine « met la campagne à la ville », sur une surface de quelque douze hectares (carrefour des rues actuelles Balzac et Beaujon). L’architecte Pierre-Adrien Pâris (1747-1819) modifie vers 1786 le moulin existant, qui distribue l’eau au jardin, en un monument gothique élégant. On plante au bord des allées sinueuses des ifs et des tilleuls ; les bosquets et les pelouses sont jalonnés de vases et de nombreuses statues. L’une des trois serres est chauffée pour abriter douze figuiers en caisse, quarante-deux orangers et des centaines de pots de fleurs sont plantés d’œillets, de lilas de Perse et de giroflées. Luc-Vincent Thiéry consacre au jardin Beaujon deux pages de son Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris (1787).

Informations pratiques

Musée de la Vie romantique

Hôtel Scheffer-Renan
16 rue Chaptal, 75009 Paris
Tél. : 01 55 31 95 67

www.vie-romantique.paris.fr

Commissariat

Catherine de Bourgoing
commissaire scientifique
Daniel Marchesseau
directeur du musée de la Vie romantique

Scénographie

Claude d’Anthenaise
conservateur en chef du Patrimoine
directeur du musée de la Chasse et de la Nature à Paris 

Contact presse

Margaux Illy
presse-mvr@paris.fr
Tél. : 01 55 31 95 63

Activités culturelles

Emilie-Juliette Gauby
reservations-mvr@paris.fr
Tél. : 01 55 31 95 67

Ouverture

Ouvert tous les jours, de 10h à 18h, sauf les lundis et jours fériés.

Tarifs de l’exposition

Plein tarif : 7 €
Tarif réduit : 5 €
Demi-tarif : 3,50 €
Gratuit pour les moins de 14 ans et les personnes en situation de handicap 3

Collections permanentes gratuites

Accès

Métro : Saint-Georges, Pigalle, Blanche, Liège
Bus : 67, 68, 74
Velib’ : 38, rue Victor Massé ou 4, rue Moncey
Parking : 10, rue Jean-Baptiste Pigalle

Catalogue

Editions Paris-Musées
256 pages ; 150 illustrations en couleur
Format 18 x 25,5 cm, relié sous jaquette
Prix : 30 euros

Mini-site
Direction artistique : Gilles Beaujard
Conception graphique et développement : Montag

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