En 1949, le Musée Bourdelle est inauguré grâce à la détermination de Cléopâtre Bourdelle et de sa fille Rhodia Dufet-Bourdelle. Installé dans les ateliers et les jardins où Antoine Bourdelle (1861-1929) a vécu et travaillé dès 1885, il abrite un ensemble exceptionnel de plâtres, de bronzes et de marbres du sculpteur montalbanais.
L'atelier de Bourdelle a été conservé intact avec ses hautes verrières, son mobilier, les moulages d'après l'antique et le plâtre du Centaure mourant (1911-1914). À proximité, le jardin intérieur que l'artiste avait planté d'acacias accueille des bronzes, tels que Sapho (1925) et La France (1925). L'appartement que Bourdelle occupa jusqu'en 1916 avec sa famille a gardé lui aussi son mobilier. Le célèbre Héraklès archer (1909) conduit le visiteur à un ensemble de salles en enfilade où sont présentées des expositions temporaires.
Une extension réalisée par Christian de Portzamparc en 1992 présente les études de deux monuments où, dans une veine lyrique, Bourdelle affirme une intelligence des volumes et des déformations expressives : Monument aux Morts, le vrai intitulé est Le Monument aux Combattants du Tarn-et-Garonne (1870-1871), sa première commande, et Monument à Mickiewicz (1908-1929), dédié au poète, héros de la résistance polonaise, érigé Cours Albert ier à Paris.
Le Musée Bourdelle constitue l'un des rares témoignagesde ces cités d'artiste qui fleurissent au siècle dernier
dans le quartier de Montparnasse. Riche d'une mémoire centenaire, il demeure aujourd'hui un lieu singulier
et poétique, habité.