plan du musee

Accès :

Métro Champs-Elysées-Clémenceau.
Bus 42, 72, 73, 80, 83.

Yves Saint Laurent

Du jeudi 11 mars 2010 au dimanche 29 août 2010

Petit Palais / musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

DERNIER JOUR LE 29 AOÛT.
NOCTURNE EXCEPTIONNELLE LE 28 AOÛT JUSQU'À MINUIT

L'exposition propose une vision panoramique des quarante années de création d'Yves Saint Laurent. Elle se déroule selon un parcours thématique présentant une sélection de 307 modèles de haute couture et prêt-à-porter, des photographies, des dessins et des films.  

La mise en scène des créations sélectionnées pour l'exposition est conçue comme une progression théâtrale depuis les débuts du couturier chez Dior en 1958, avec la fameuse collection « Trapèze », jusqu'à la splendeur des robes du soir d'Yves Saint Laurent.

La construction du style Yves Saint Laurent et les fondements de son œuvre sont présentés dans un contexte historique illustré de photographies et de films. La richesse des inspirations artistiques et culturelles se déploie dans des tableaux spectaculaires. Premier couturier à avoir voulu habiller la rue, Yves Saint Laurent a aussi habillé les femmes de rêve.

L'exposition s'achève en une apothéose de couleurs et de créations qui place l'œuvre d'Yves Saint Laurent au présent.

Naissance d'un couturier « révolutionnaire »
« Quel a été le moment le plus heureux de votre vie ? D'avoir rencontré Christian Dior ».
Yves Saint Laurent


Yves Saint Laurent entre en 1955 chez Christian Dior qui le désigne comme son successeur. Il le devient à la mort de son mentor en 1957 et accomplit alors le passage d'une haute couture obsolète au règne du style.

1958, Yves Saint Laurent crée chez Dior la collection « Trapèze », qui sacre son talent de « French National Hero » (The New York Times). La collection préfigure le désir de liberté caractéristique des années 60 qui s'exprime dans un vêtement désentravant le corps.

Studio Mental/Studio Réel
Studio mental : dans un espace plongé dans la pénombre surgissent des images et des références esthétiques (peintres, musiciens, écrivains, etc.) qui ont nourri l'imaginaire d'Yves Saint Laurent.

Studio réel : évocation du studio de l'avenue Marceau où le couturier créait ses collections.


Révolution des genres
Yves Saint Laurent élargit la sphère d'influence du couturier tout en laissant la possibilité à la cliente de s'exprimer librement. Il lui propose les bases d'une garde-robe pensée comme le miroir d'un nouveau style de vie. Elle reflète de nouvelles habitudes de consommation et une nouvelle image de la féminité. Dans ce contexte, Yves Saint Laurent crée un nouveau genre, entre le féminin et le masculin.

Cet espace présente 43 modèles qui illustrent les incontournables de la maison Yves Saint Laurent : le caban, la saharienne, le tailleur pantalon, le tailleur jupe, la blouse normande, la tunique, le jumpsuit.

Yves Saint Laurent et les femmes
Yves Saint Laurent s'adresse aux femmes et non plus à un fantasme ou à une abstraction de la femme. Habiller les femmes, c'est les aider à vivre au quotidien dans un monde en mutation. Il remplace le « total look » par une garde-robe dans laquelle chaque femme trouvera son propre style.

• Les femmes en haute couture Yves Saint Laurent
Une quinzaine de modèles commandés par des clientes fidèles de la maison de haute couture ou des proches du couturier sont exposés : Nan Kempner, Jacqueline, comtesse de Ribes, Betty Catroux, Loulou de la Falaise, etc.

Yves Saint Laurent rive gauche
La griffe Saint Laurent rive gauche lancée en 1966, constitue une date phare dans l'histoire de la mode. Pionnière du prêt-à-porter de luxe, elle connaît un immense succès préfigurant celui des marques globales contemporaines. Le style Yves Saint Laurent devient accessible à un plus grand nombre de femmes et s'impose dans le monde entier à travers un réseau de centaines de boutiques.

Belle de jour, Catherine Deneuve
« J'ai débarqué à 22 ans rue Spontini, où il était alors installé. C'était fin 1965, et j'avais découpé dans ELLE la photo d'une robe de la collection de la saison précédente. Ça a amusé tout le monde, qu'une fille aussi jeune, presque inconnue, se paie une robe de haute couture. […]  On s'est connu à ce moment-là. Et j'ai continué à aller chez Saint Laurent ».
Catherine Deneuve
, Elle, 1996.

Cette salle présente 10 pièces majeures de la garde-robe de Catherine Deneuve, de la robe de grain de poudre noir et satin ivoire créée pour Belle de jour (1967), à la robe du soir longue, en crêpe de satin rouge tango (1997).

Yves Saint Laurent par Jeanloup Sieff : « une série mythique »

En 1971, Yves Saint Laurent pose nu devant l'objectif du photographe Jeanloup Sieff pour la publicité de lancement de son premier parfum pour homme. Cette image d'une audace incroyable acquiert le statut d'icône.
L'ensemble des photographies de cette séance, conservées par Barbara Sieff, est présenté pour la première fois au public.

L'essence du scandale

• La collection du scandale, 1971
Pour l'été 1971, Yves Saint Laurent présente une collection inspirée des années 40. Dans les salons de couture, c'est la consternation. Plus que les réminiscences de l'époque de la guerre et de l'Occupation, c'est le type de femme imaginé par le couturier qui choque le public, une femme à la croisée insolite de l'avenue Montaigne et du Bois de Boulogne. La presse réagit violemment et condamne. Mais elle se trompe ! Ce style est adopté immédiatement par la rue. Les filles se  reconnaissent dans ce style Rétro. La collection 40 fait l'effet d'un choc en plein mouvement hippie et féministe, et inaugure le retour de la  sophistication et du glamour.


• Le corps nu sous les transparences
« Un corps de femme nue, que je dois habiller sans porter atteinte à la liberté de ses mouvements naturels. Bref, mon métier est le dialogue amoureux de cette femme nue, avec tous les sortilèges des enroulements de mes tissus ».
Yves Saint Laurent

Les modèles qui révèlent la nudité du corps choquent également le public, comme les blouses ou robes portées sur les seins nus ou à « fenêtres » voilées de dentelle encadrant des fragments de corps.

La féérie des exotismes
Tel Xavier de Maistre dans son Voyage autour de ma chambre, Yves Saint Laurent parcourt les chemins de l'imaginaire et ne voyage réellement qu'en pensée, dans son studio, par ses livres, ou dans ses maisons, parmi les objets et tableaux de sa collection.


Dialogue avec les artistes et les écrivains
En 1965, Yves Saint Laurent lance une collection inspirée du peintre Mondrian. Les magazines du monde entier ovationnent ces créations qui rompent les hiérarchies entre les genres artistiques.

Dès lors, le couturier créera régulièrement des rendez-vous avec le monde de l'art dans ce qu'il appelait ses dialogues : Mondrian, Wesselman, Poliakoff, Van Gogh, Matisse, Picasso, Braque, Léger, Apollinaire, Aragon, Cocteau, Lalanne, etc. Ces artistes lui ont permis de réinventer un langage, qui est devenu le sien.

Le dernier bal
Yves Saint Laurent est un architecte du quotidien. Mais c'est aussi un magicien de la nuit. Il aime l'atmosphère des fêtes, la nuit comme un espace hors du temps et de la réalité. Dans le dernier bal défilent les robes d'une haute couture nostalgique de sa splendeur.

« Ce n'est pas que la couture soit morte, mais ce sont les lieux où la porter qui n'existent plus ».
Pierre Bergé

Les bals du baron de Redé ou des Rothschild sont loin.
Du domino de faille jaune de Chine et fourreau de velours et dentelle noirs (1983), en passant par le manteau de gazar et plumes d'autruche blancs, robe de satin blanc (2001), 68 modèles du soir sont exposés dans cette salle.

L'astre noir
« Pour une femme, le smoking est un vêtement indispensable avec lequel elle se sentira continuellement  à la mode car c'est un vêtement de style et non un vêtement de mode. Les modes passent, le style demeure ».
Yves Saint Laurent

Toujours pareil et jamais le même : en presque quarante ans, plusieurs centaines de smokings sont sortis de l'imagination d'Yves Saint Laurent et de sa volonté d'affirmer sa légitimité sur un vêtement qu'il a créé, qui devait conquérir le monde et devenir emblématique de son style.

Les couleurs d'Yves Saint Laurent
« J'aime l'or, une couleur magique, pour le reflet d'une femme, c'est la couleur du soleil. J'aime le rouge, agressif et sauvage. Les couleurs fauves du désert ».
Yves Saint Laurent

Avant de sortir, le visiteur traverse le monde des couleurs d'Yves Saint Laurent illustrant son talent chromatique. Des robes de mousseline drapées de son dernier défilé de 2002 semblent comme en suspension dans l'espace, entourées de murs recouverts de centaines de planches d'échantillons de tissus.

Au bout de la perspective, brille la broche « Cœur », bijou talisman qu'Yves Saint Laurent conservait précieusement et plaçait sur une robe de chacun de ses défilés… comme un porte bonheur.




Informations pratiques

Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h
Fermeture : les lundis et jours fériés
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